Traces de doigts sur un comptoir

Un spectacle poétique et musical de Elise Chatauret et Thomas Bellorini

Ecriture et mise en scène
Elise Chatauret

Composition et direction musicale
Thomas Bellorini

Avec :
Marie Perrin
Laurian Daire, piano
Romain Quichaud, percussion
Aurélie Verrier, violoncelle

Arrangements musicaux :
Laurian Daire, Romain Quichaud, et Aurélie Verrier, sous la direction de Thomas Bellorini.

Ecouter TRACES DE DOIGTS

© Elise Chatauret/Thomas Bellorini

Premières traces

C’était au mois de Juin. Paris était noyé sous une nappe de chaleur et de pollution.
Dans un café du dix-huitième, une femme s’appliquait à recouvrir minutieusement avec ses doigts des empreintes dessinées sur le comptoir …

Elle fredonnait doucement l’air qui venait du juke box. Sa petite tête était presque couchée sur le zinc et ses cheveux châtain clair virevoltaient sous le ventilateur.

Je n’ai pas osé poser mon verre sur le comptoir. Elle l’a vu, m’a fixé, a souri et m’a dit :
Il faut bien s’effacer.

Et elle est sortie. Il restait ses traces de doigts et je suis partie.
De là.

Des traces de doigts
Sur un comptoir
Encre de mémoire
Papier buvard
Empreintes d’ivresse
Sur nos tendresses
Qui s’amarrent

Ailleurs
A des liqueurs
Qui saoulent crève-cœurs
Et déserteurs
Loin des tâches
Qui nous attachent
Et nous font lâches

Du bout des doigts

Autour d’un piano un peu désaccordé, des paroles de chansons qui s’envolent et dessinent du bout des doigts des petites histoires de comptoirs, de voyages et d’amour.
Elles se déclinent pendant deux ans autour d’une rencontre, les mots d’Elise et les notes de Thomas.
De cette langue inventée à deux naît une foule de personnages, un peu elle et un peu lui. De fil en aiguille et de rimes en accords, une femme apparaît, cohérente et entière : Marie Perrin, comédienne et chanteuse nous prête sa voix et son corps et donne souffle et vie à celle « qui pleure tout l’temps ».

Traces de doigts sur un comptoir

Est un spectacle poétique et musical autour d’une femme qui nous dessine un quotidien passé au prisme de l’humour, politesse du désespoir. Elle colorie d’extravagance et d’imagination l’absence d’un homme parti mystérieusement et dont elle reçoit des cartes postales.
« La douleur rigole a gros éclats dans mon ventre ». Elle évolue à moitié folle de rire dans un univers qu’elle interroge sur le vide, le manque, l’absence, la solitude.

Se dessine au fil des mots donnés en logorrhée, un jaillissement de petites choses regardées au microscope. La réalité de tous les jours qui devient délire : un morceau de chocolat que l’on mange jusqu’au malaise « pour combler le vide », une paire de chaussures que l’on abandonne sur un trottoir et qui nous attaque sauvagement.

Dans ce miroir déformé, les phrases se disent sans respirer. Au bout du souffle, quand les mots se bousculent jusqu’au silence, le chant naît, racontant d’autres histoires dans une langue étrangère et pourtant familière.

Petites histoires dans ma mémoire

Elle invente « quelques chansons en mémorial de nous » qu’elle fredonne pour peindre des fenêtres à son huit-clos. Elles parlent d’elle et d’autres, d’ une femme qui pleure tout le temps, d’un violoncelle qui fait vibrer son archet sur ses veines, de voyages que l’on devine et d’une lettre qu’on attend.
De la Salsa au jazz, un univers de chanson réaliste avec des mots à contre jour, des petites histoires contre l’oubli, traces musicales en palimpseste pour souvenirs presque effacés.

Traces de doigts sur un comptoir
Devant moi
Des amoureux ou des soûlards
Comment savoir
Sans s’émouvoir

Des vies qui passent et qui s’détachent
Je vois des traces
Et je les cache
Du temps qui passe

Que laissons nous à nos vieux jours

Quelques musiques et des mots doux…
Vite effacés par les années


Autour d’elle, un accordéon, un violoncelle, un piano, une guitare et une derbouka pour colorier ses vagues à l’âme.
Cinq musiciens qui accompagnent ses notes et ses mots, ses bas et ses hauts. Tour à tour, ils sont la réalité du monde qui l’entoure avant de sombrer dans les vapeurs du songe, devenant ce qui bat, chante ou crie en elle. Ils sont les visages des absents, des abcès.
Ils guident les mots dans le monde aveugle où le personnage évolue.

Ils incarnent les peintures et les abat-jour, les avions et les trains. Quand le décollage est prêt, le piano vient les soutenir et accompagner les mots doux…

Traces de doigts sur un comptoir
Devant moi
Je vois nos doigts qui s’enlaçaient
Très forts serrés sur un café
Je vois notre joie en tournée
Payer sa dette à tout l’troquet

J’ai plus d’ bohème
Qui me Verlaine
Me voilà sage
Comme une image
Me voilà grande
Et sans parent
Pour me rappl’er
Qu’il faut rentrer

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