Les moments doux (enquête sur la violence invisible) prend pour point de départ l’affaire des chemises arrachées d’Air France pour enquêter sur les mécanismes de la violence, la diversité de ses manifestations et l’expérience intime que chacun peut en faire.

De quoi ces chemises arrachées sont-elles le signe ? Est-il vrai que « rien ne peut justifier le recours à la violence physique » (Franck Raimbault, directeur juridique d’Air France, le 27.09.2016) ? Qu’est-ce que la réprobation unanime de toute forme de violence physique dit de notre société ? De l’État ? Des formes de contestations contemporaines et, au-delà peut-être, de nos impuissances ? Quelles autres violences la violence physique recouvre-t-elle ? Y-a-t-il des violences qui seraient légitimes et d’autres non ? Comment raconter et représenter les violences invisibles, invisibilisées, tues, reléguées ? Comment se manifestent les violences de classes, les violences familiales, les violences faites aux femmes, les violences au travail et tant d’autres auxquelles la violence physique fait écran ? Qu’est-ce que la violence ? Où est-elle ? Et de quoi parle-t-on exactement ? 

Les moments doux s’intéresse à la pluralité des manifestations de la violence pour comprendre ce qui fait système. Nous souhaitons mettre en jeu des situations qui laissent apparaitre la violence là où on l’imagine le moins. Nous voulons sonder ces violences, les faire résonner et questionner cette énergie sourde qu’elle contient car à tout bien réfléchir, n’y-a-t-il pas que les morts pour se prévaloir d’une certaine et absolue non-violence ?